19 décembre 2007
Naboléon, l'homme qui a colonisé la presse
Vous avez vu ça ?
C'est incroyable.....
C'est tellement énorme que je le poste ici, histoire qu'on rigole dans deux - trois ans !
18 décembre 2007
° Préhistoire
16 décembre 2007
Sur l'album du temps
LE TEMPS DE PENSER
...Ou plutôt le temps de réfléchir
Pas évident d'avoir ce temps là.
Oh bien sûr, toute la journée, mon cerveau fonctionne. La nuit même, tant que je suis en vie. Mais je peux pas dire qu'il fonctionne toute la journée pour moi.
Le matin, il pense l'organisation du petit déjeuner, il allume la radio. Encore endormi, un peu ronchon, il regarde l'heure, voit qu'il est en retard pour aller bosser, prend une douche - mais faut il se laver les cheveux aujourd'hui pour pas faire trop désordre dans le monde du travail ? - s'habille - merde ou est passé mon pull ? - replace l'importance du retard dans une échelle plus large. Se dit "faut faire des courses", pense a la journée qui s'annonce, se dit "vivement ce soir".
Et encore.
Pour ma part, depuis quelques mois, suite à un long travail à prendre sur moi mon sentiment de culpabilité, je me permets d'arriver en retard tous les matins.
Propulsion dans le monde du travail. Bonjour, bonjour, salut ca va, ouais ca va, a plus tard, bonne journée. C'est la pensée de l'organisation des taches (réfléchir a agiter du papier en gros), puis les taches par elles mêmes (écrire le papier avant de l'agiter). Ah oui, répondre a monsieur machin, faire ceci, penser celà, répondre oui pour pas faire diversion par rapport a ses gentils collègues qui sont polis eux, faire sentir a machin qu'il a raison même si on s'en fout, montrer pate blanche pour avoir la paix.
Et encore.
Plus ça va moins je fais poli, moins je discute des choses qui m'intéressent pas (même si ça m'arrive encore), je reste pas avec les gens quand j'ai rien a dire, je me casse comme une malpropre dès que je sens que je vais être mal a l'aise, je souris pas si j'ai pas envie, j'ai appris les codes d'enculé pour faire comprendre a quelqu'un qu'il se casse de mon bureau, je fuis les rites comme le café du matin parce qu'à ce jeux de "on est des gens bien et une équipe soudée" j'ai pas envie de jouer.
Rentrer manger, rapidement quand même, on a pas trois heures, et l'autre de l'accueil qui m'a vu partir va me voir rentrer et peut être compter mon temps de pause (c'est dur d'être parano), penser le temps de cuisson du haricot vert et la décongélation du pain, la cuillère pour le yaourt et le temps de retour au boulot.
Et encore.
J'ai la chance de rentrer manger chez moi manger ce que j'aime, écouter des trucs qui m'intéressent et donc casser le rythme de la journée.
L'après midi, penser organisation pour bacler le maximum de taches avec le minimum de temps, esquiver les gens qui parlent trois heures pour rien dire, refléchir les impasses réalisables sans faire trop de dégats, esquiver les problèmes, penser "n'importe quoi" en entendant une connerie, préparer des réunions, des comptes rendus, ranger des feuilles.
Et encore.
Par moments j'arrive a lutter contre cet auto-flicage constitué de la peur de sa propre image, et lire ou écrire autre chose que des document professionnels sur mon temps de travail, je peux fermer la porte et je pose mes jours de congé en toute liberté.
Fini les 10 heures qu'il est debout à "penser courtement", le cerveau est fatigué de tout ça. Il veut se détendre, comater en écoutant un truc a la radio, faire du sport, dormir. Vivre, quoi. Trainer sur internet, faire un dessin, manger, regarder un truc a la télé. Ecrire parfois, ou lire. C'est là le temps, potentiellement, pour réfléchir si besoin.
Et encore.
Moi j'ai la chance d'habiter seule, sans personne pour m'emmerder sur mes activités ou absence d'activité, sans rythme imposé par des enfants ou des colocataires (manger, raconter sa journée...tout le monde voit bien de quoi je parle).
Alors malgré ma situation de privilégiée, je ressens que quelque part, on me vole mon temps. On containt mon cerveau a penser n'importe quoi pendant des heures : comment s'insérer dans la société, comment accomplir les taches qu'elle me demande de faire, ou comment les esquiver. Du coup, prendre du temps pour prendre du recul, penser le monde, l'homme, et penser sa propre vie, ça reste cantonné a une toute petite quantité de temps.
Et encore.
Si je suis pas crevée ou occupée a gérer un stress quelconque.
Et puis après j'imagine les autres.
Je suis elle, lui, ou lui. Je connais grosso modo leur vie, je connais les schémas sociaux auquels ils se conforment. Je sais que quand ils ont le temps de penser, ils pensent aux questions que notre société a posé pour nous : le couple, les amis, la famille, la réussite sociale.
Je sais aussi a quel point c'est difficile d'aller dans sa réflexion à l'encontre de ses aspirations pré-programées. Alors je peux pas en vouloir à ceux qui réfléchissent jamais quelque part. Il y a quelque chose a croiser pour que la corde s'arrête et qu'ils pensent la chose en dehors du 16/9. Et ils l'ont pas croisé.
Tolérance....
voleurs de foule
sur la source, propos de Denis robert, créateur et chanteur du clip: "Je ne cherche pas du tout dans ce clip à régler des comptes avec Clearstream ou des banques. S’il doit s’adresser à quelqu’un ce slam s’adresserait plutôt à Nicolas Sarkozy et au nouveau gouvernement qui est très clément avec les voleurs de foule et de plus en plus méchant avec les voleurs de poule (je n’en reviens pas de la lourdeur des peines infligées aux petits casseurs de Villers-le-Bel et du peu d’émoi que cela a suscité)".06 décembre 2007
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy
Plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre au président français.
Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler - nous les Africains - avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois, qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.
Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons. Vous étiez donc venu — vidi vici (j'ai vu, j'ai vaincu) complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique.
Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot 'histoire'. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagée notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections - connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises - le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf. Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ? Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant.
Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances - dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ?
Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’État autoproclamés démocrates. Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?
Raharimanana et les écrivains Boubacar Boris Diop (Sénégal), Abderrahman Beggar (Maroc, Canada), Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad), Kangni Alem (université de Lomé), et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).
° Cocorico °
Le coq, emblème de la france, le seul animal a chanter les pieds dans la merde...
04 décembre 2007
La visite de Sarkozy
Vue d'Algérie, "La visite de Sarkozy" (El Watan) :
La dignité inégale des mémoires
La visite de Sarkozy semble creuser un schisme au cœur et au sommet de l’Etat, le président de la République désavoua sans ménagement son ministre des Moudjahidine, qui n’est pas seulement le chef d’un département ministériel, mais le représentant d’une grande force historico-politique dans le système algérien.
Nous ne sommes pas ici devant un cas d’indiscipline gouvernementale, le
problème est d’une autre envergure. Et puis après tout, le ministre des
Moudjahidine n’a fait que reprendre ce que d’autres ont dit par
ailleurs : Sarkozy doit son ascension au lobby juif ; qu’y a-t-il
d’antisémite à relever le nom d’un lobby qui a porté quelqu’un au
pouvoir ? Tout comme d’autres centres d’intérêt ont porté les leurs.
Les auteurs de cette cabale oublieraient-ils que nous sommes des
sémites. En outre, qu’est-ce qui prédisposait ce juif hongrois, sans
compétence ni envergure particulières, à gravir les échelons les plus
élevés de l’Etat français, si ce n’est un lobby puissant ? Enfin,
revenons à notre pays. La visite de Sarkozy, ou d’un président français
(et la nuance est de taille) mérite-t-elle autant de divergences.
Sarkozy a eu des excuses officielles du sommet de l’Etat pour une
déclaration somme toute ordinaire d’un ministre qui aurait pu faire
l’objet d’une simple mise au point ou clarification. Nicolas Sarkozy a
eu droit à des excuses pour une petite histoire. II avait pourtant
déclaré lors de sa dernière visite qu’il refusait toute excuse pour
toute l’Histoire (la grande, celle-là). Nicolas Sarkozy déclara à qui
voulait ou ne voulait pas l’entendre qu’il n’était pas venu pour
s’excuser. Il assumait ainsi pleinement le génocide algérien en
récusant le devoir de repentance au nom d’un devoir de mémoire. Il
reprenait à sa façon la plus sinistre des lois mémorielles, celle du 23
février 2005. De même, il ajouta qu’il ne saurait demander à Abdelaziz
Bouteflika de renier son passé, tout comme il n’était pas prêt à renier
le sien. Voilà une égalité parfaite entre le coupable et la victime ;
une identité de traitement entre un combat libérateur et une agression
barbare. Sarkozy doit oublier que la dignité des mémoires est inégale,
que les passés ne s’égalent pas, sauf pour les peuples sans passé. Et
en cela, Sarkozy est un nouvel arrivant, un président sans passé avec
un background relativement banal. C’est, d’ailleurs, pour cette raison
qu’il veut, ces derniers temps, révolutionner le système politique
français en voulant être un président qui gouverne, alors que le
président français arbitre ; en voulant entrer à l’Assemblée, espace
prohibé pour le président français, au nom de la séparation des
pouvoirs. En inscrivant des projets aussi hérétiques, bousculant des
principes aussi ancrés dans un système séculaire, Sarkozy veut se faire
une place dans l’histoire, une place qu’il n’a pas. Pour expliquer
certaines choses, les psychanalystes doivent venir au secours des
politiques. Revenons à nos mémoires. Voilà un anoblissement, par
Sarkozy, en la plaçant au même niveau moral qu’une révolution légitime,
l’une des guerres les plus criminelles qui a usé de procédés les plus
odieux, les plus barbares et les plus lâches. Les deux protagonistes
d’un combat inégal, l’agresseur et l’agressé, le coupable et la victime
se trouvent prétendant à une même fierté. Entre l’Algérie et la France,
il n’a jamais été question, ni d’un côté ni de l’autre, d’oublier ou de
renier, et en cela Sarkozy est en retard d’une notion, en décalage d’un
concept, mais de reconnaître et de demander pardon. Et ça, Sarkozy ne
veut pas le faire ; il est venu le dire chez ce peuple meurtri et sur
cette terre brûlée par les siens. Il faut dire qu’il faut avoir une
sacrée dose de culot politique et historique pour venir dire ça ici et
maintenant, à quelques encablures de la fête de l’Indépendance. ça a
été à mes yeux une même indélicatesse que découvrit Le Pen chez un
Hongrois qui prétendit à être président des Français. Il faut aussi une
sacrée dose d’inconséquence pour refuser toute repentance du génocide
algérien et conditionner l’Européanité de la Turquie par la
reconnaissance du génocide arménien. Il faut encore une sacrée dose de
populisme pour dire qu’être ami exonère du besoin de l’écrire et
avancer l’inutilité d’un traité qu’on n’a pas pu parapher. En matière
de culot, de populisme et de démagogie, Sarkozy a fait ses preuves.
Etre hongrois et président des Français, monter par la droite et
ratisser à gauche. Quelque chose manquait à Sarkozy hier pour être chef
d’Etat. Il faut reconnaître, à sa décharge, que son défaut de grandeur
résulte du fait qu’il succéda à un grand des grands. La nervosité, la
trituration des doigts, les grimaces face au soleil, toute une façon
d’être qu’on ressent en portant un habit qui vous va mal. Beaucoup de
malaise et un manque de pondération. Sarkozy souffre d’un déficit de
hauteur et de profondeur de vue. L’allure physique d’un tribun mal
inspiré convient mal à une si haute fonction. Mais là est un autre
problème. Il y a quelques années, souvenir , souvenir ! J’étais alors
jeune lycéen, Valery Giscard d’Estaing effectuait la première visite
d’un chef d’Etat français dans une Algérie indépendante, ambitieuse et
sûre d’elle. A notre sortie du lycée pour participer à l’accueil, nous
reçûmes les exhortations de notre surveillant général qui nous dicta
les mots d’ordre : « Vive l’Algérie, Vive Boumediène, Bienvenue à
Giscard ». « Sans plus », nous précisa-t-il, pas de « Vive la France »,
sous-entendait-il, et avions- nous entendu ? Cette rencontre est encore
dans ma mémoire. A la descente d’avion,VGE a été reçu par le président
Boumediène. Une poignée de main froide, celle de l’Etat, un monstre
froid ; un pragmatisme politique amer, apparent, sans plus Un regard
fier et lointain. Pas d’accolade ni d’embrassade ; pas de
manifestation, sans excès d’état d’âme. Giscard commença son discours :
« Le but de ma visite n’est pas d’effacer le passé, et où le passé
s’est-il jamais effacé, mais de reconnaître le présent et de préparer
l’avenir. » En filigrane, la reconnaissance d’un passé ineffaçable et
une profonde et indicible culpabilité. VGE évoqua le passé comme pour
s’excuser. Sarkozy déclara ne pas s’excuser. Le président Boumediène
répondit : « Une page est tournée, mais non effacée. Nous jugerons sur
les actes et seulement sur les actes. » L’oubli entre nos deux pays est
déjà oublié officiellement et depuis longtemps. Lamentable reculade
faite en trois décennies. Sarkozy n’a pas d’histoire, et quiconque n’a
pas résisté, ne respecte pas la résistance. Nous sommes trente ans
après, les mêmes principes reviennent avec un changement de forme.
L’Algérie ne s’exprima pas (sauf erreur de ma part). Ce silence ne
s’explique-t-il que par la maladie et la fatigue du président
algérien ? Une maladresse française. Le refus des excuses d’une part et
le rejet ou la renonciation au traité. A quoi sert un traité d’amitié ?
« Quand
on est amis, on n’a pas besoin d’un traité. » (dixit Nicolas Sarkozy).
Piètre argument démagogique car le président, en refusant des excuses,
rejetait ce qui, pour l’Algérie, est une condition rédhibitoire.
Sarkozy est novice et nouveau en politique. Il ignore une règle
cardinale : les discours protocolaires évitent les sujets qui fâchent.
L’amitié n’a pas besoin de traité et l’Algérie, l’historique, la vraie,
n’a pas besoin d’amitié. Tous les peuples ont droit à leur mémoire mais
la dignité des mémoires est inégale. Celle des coupables, des
criminels, des colonisateurs ne vaut pas celle des résistants et des
révolutionnaires
L’auteur est avocat



