LE CAFARD DU WEB

"quam primum fieri potest..."

04 août 2007

LA RANCON

boule009Petite expérience rapide mais intéressante pour comprendre les mécanismes de l’asservissement à la connaissance : elle nécessite un sujet à forte culture scolaire. En l’occurrence ce sera moi. Cette expérience nécessite également une émission de radio en relation plus ou moins éloignée avec les domaines pour lesquels le sujet est compétant, et attache de par sa formation une importance particulière. En l’occurrence, ce sera l’émission de radio de sur la logique de France culture, « continent science », le lien du grincheux ne fonctionnant plus (ça a plus d’1 mois et France culture a peur que les gens se culturent, surement), mais bon vous avez affaire a une fouille merde qui retrouve les liens alors pour écouter encore quelques temps on passe par : http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/CONTINENT_SCIENCES/CONTINENT_SCIENCES20070702.ram

Donc cette fameuse émission sur la logique, avec en interview pierre wagner je crois, le logicien.

On se croirait, sur ce premier paragraphe, dans un cours de maths. C’est dû à la forme littéraire qui est celle de l’énoncé de l’expérience scientifique. Si je le disais à l’oral, j’emploierais probablement, et même très surement, le ton et la diction qui correspondent au sujet : syllabes lentes et appuyées, effacées ou appuyées selon le véritable ton du cours. Pas du tout le même ton que si je racontais, je sais pas moi, une partie de pêche par exemple. Ton neutre, détaché, pour toutes ces choses immatérielles. Bon ça c’est le premier point.

boule009Alors pour faire l’expérience, il faut écouter, enfin il faut que j’écoute cette émission. D’abord, il faut que je passe au dessus de ma réticence pour ces sujets qui pour moi ont un goût platreux. Je me méfie, ils sont qui ces gens, qui parlent de la « logique ». Un truc d’intello perchés que je me dis.
1ere écoute. Je comprends à peine de quoi on perle. J'ai un temps de concentration de l'ordre de 5 minutes. Au delà, je décroche soit en pensant à autre chose, soit en m'endormant. Inconsciemment, je fais ce qu'on appelle un blocage sur le thème même de l'émission. Je perçoit tout ça, comme le dit pierre wagner, comme "antipoétique", 'dépourvu d'existence propre". On est, de ma part, dans une approche du 1er genre : je réagi en fonction d'une sensatino, je sais pas pourquoi ça m'emmerde mais je vais fuir le truc.

2ème écoute, un jour où je suis un peu plus en forme. Je suis d'humeur plus combattive. Alors je vais écouter à plusieures reprises, me repasser 15 fois des passages. Cette fois ci je prends des notes. Je sens quelque chose qui me gène dans tout ça et je cherche quoi. A un moment, sur la fin, il parle de Godel et je sais que ce dernier est devenu fou sur la fin de sa vie. Ca m'arrange de penser que la logique pour la logique amène a la folie. La masturbation intellectuelle sur les ensembles qui font partie d'eux mêmes mais ne font pas partie d'eux mêmes en même temps ne trouve aucune résonnance en moi. En réalité, je n'écoute pas pour écouter. Je cherche a jeauger le type qui parle. J'utilise tout ce que je sais pour classifier les grands axes de son discours. Je minéralise sa pensée, j'enlève l'organique et je ne garde que le squelette. Et je voudrais faire entrer ce squelette tout entier dans une seule petite boite de rangement intellectuel. Puis forcément je me pose la question de ce qu'est la logique pour moi. Ou est ce que je le place ? C'est pas tout de démonter, faut réassembler les puzzles après. Bref je refais mon machin.

 Un autre jour, je reprends mes notes. Je dois être en forme comme jamais, parce que je me dis une phrase qui n'est pas de moi : "mais dans quelle entreprise grincheux se trouve pour mettre le lien vers CETTE émission ?". Et aussi pauvre pierre wagner. L'autre il a bossé toute sa vie pour pondre ses trucs et moi j'écoute 1heure, et direct je vais dire c'est n'importe quoi la logique, ça rend con, etc... Et là je vais me refaire une 3ème écoute, très différente des deux précédentes. La phrase clef pour mon écoute, c'est celle qui accompagne le lien sur laquelle je suis passée trop vite : "Un bon état des connaissance du moment".
Et voilà. Ce qu'il y a a prendre dans tout ça, ce n'est pas "waou, le type il est ceci celà". Ce qui est a prendre, ce ne sont pas les assemblages des logiciens, mais la connaissance des choses qu'ils apportent. Ce semble infime comme différence mais pour moi ça change tout. A partie de là, mon approche devient plus fluide, je suis en mesure de trier les informations pour prendre ce que j'ai à prendre et laisser le reste de coté sans faire un blocage sur le global. Tout est fait en nuance.

boule009Tout ça pour dire quoi au final ? Parce que je tapotes pas sur les touches du clavier pour parler de la logique, ou de pierre wagner.
Si je résume cette expérience, quand j'ai croisé cette autoroute de la pensée qu'est la logique, mes réactions ont été dans l'ordre 1/la fuite parce qu'on est pas dans mes centres d'intérets 2/ le jugement au travers un système de valeurs puis un essai de constitution de mon propre assemblage 3/ la prise des informations pour ce qu'elles sont : des informations et rien d'autre.

Tout ça pour dire que la connaissance a un prix, celui de la servitude au système qui nous donne accès à elle. Et ça coute très cher. J'ai bien mangé au système scolaire pour avoir des connaissances dont je vais avoir du mal a me servir pour moi même (elles serviront surtout pour alimenter la construction de ma société). Et de plus, en mangeant les jolis fruits du savoir, j'ai mangé la gamelle qui les contenait, le système des valeurs qui y sont rattachées : les échelles de classement des individus, le coté "il vaut mieux être cérébral", les "on est pas des cons" et autres "nous on mérite". C'est un enfermement qui se dit libération.

Posté par eldrafac à 20:18 - # philosoculture, la nouvelle science du vivant - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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